Pourquoi se débaptiser?

Les raisons peuvent être nombreuses (athéisme, anticléricalisme, agnosticisme ou même changement de religion) mais la débaptisation va toujours de pair avec une volonté de ne plus être compté dans la communauté catholique.

D'après la revue le Monde des religions , 48 % des catholiques ne croient pas en dieu, et d'après un sondage CSA réalisé tous les 10 ans, le taux d'athéisme déclaré en France est passé de 10% en 1981 à 60% en 2012, ce qui place la France en tête de l'athéisme dans le monde et en fait la première société humaine majoritairement athée, ce qui est historique en soi.

Le christianisme qui est censé représenter plus de 2 milliards de personnes (dont 1 milliard pour les catholiques) est en fait en perte de vitesse depuis longtemps, surtout en Europe et aux USA. Les statistiques catholiques étant fondées sur les registres paroissiaux, si tous les non-croyants demandaient leur apostasie, la réalité de ce déclin dû à la sécularisation serait flagrante et l'autorité morale du pape, ainsi que celle de tout le clergé catholique, en seraient d'autant affaiblies.

La démarche peut sembler anecdotique à priori, mais c'est avec des symboles qu'on combat d'autres symboles, et les débats suscités par les campagnes de débaptisation ont déjà permis à de nombreuses personnes de s'interroger sur la place de la religion dans la société.

L'anticléricalisme et la laïcité ne sont pas le monopole des athées, les croyants peuvent eux aussi refuser l'implication des institutions religieuses et des traditions archaïques dans la vie sociale, familiale et politique.

Le baptême - tout comme la communion, la circoncision, ou d’autres pratiques religieuses imposées à l’enfant - devrait être choisi (ou non) à l’âge adulte, les parents devraient éviter d’orienter les conceptions philosophiques de leurs enfants en s’appuyant sur les pressions traditionnelles.

Il est évident que si nous vivons dans un pays relativement athée et laïque, nous le devons à l’anticléricalisme actif du XIXe siècle (on a observé le même phénomène en Tchéquie et aux Pays-Bas). L’emprise des institutions religieuses et la croyance en Dieu de la population ne sont pas des fatalités, mais dépendent de nos actions politiques, même si on ne peut en mesurer les résultats que plusieurs décennies plus tard.

La débaptisation est une des actions possibles contre un endormissement de la pensée.